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Parler rémunération : avant, pendant et après l’entretien – Monster – septembre 2017

Critère de sélection important, le salaire n’est cependant pas le sujet principal de l’entretien, une proposition doit se faire à froid.

Parler d’argent est devenue plus facile qu’avant, surtout avec les plus jeunes générations. Il existe cependant « de très grosses disparités de comportements d’un secteur et d’un niveau de poste à l’autre, et la fracture générationnelle est très nette en la matière, il faut en être conscient », constate Laurence Feray Marbach, DRH à temps partagé, membre du Groupe Finaxim. Le salaire est un élément de comparaison entre les candidatures mais pas le principal objet de l’entretien, savoir que cette question ne se règle pas à ce moment-là peut vous mettre plus à l’aise.

Être clair sur la fourchette de salaire avant de publier l’offre d’emploi

Pour définir la fourchette de rémunération, on tient d’abord compte du marché, du niveau d’expérience et du secteur. Un comptable par exemple n’est pas payé au même niveau dans l’industrie ou la distribution. « Le salaire doit aussi s’ajuster à ceux qui sont pratiqués dans l’entreprise », pointe notre interlocutrice – il s’agit en effet de maintenir un sentiment d’équité en son sein. Être au clair sur ces points rend la question plus simple à aborder en face-à-face.

Attendre la fin de l’entretien pour aborder ce point

La fourchette de salaire étant généralement mentionnée dans l’offre d’emploi, ou ayant été annoncée lors de l’entretien téléphonique de présélection, le candidat sait a priori à quoi s’en tenir. Le sujet est donc en général abordé en fin d’entretien. « Vous pouvez toutefois vous attendre, surtout avec les candidats les plus jeunes, à ce que la question arrive prématurément », nuance Laurence Feray Marbach.

Vérifier que candidat et recruteur parlent de la même chose

Demandez au candidat :

  • ses prétentions salariales,
  • le niveau et la structure de sa rémunération actuelle : fixe, variable, primes, avantages en nature, épargne salariale, etc. « Pensez en termes de rémunération élargie, surtout lorsque vous recevez des candidats issus de groupes », précise notre interlocutrice.

La rémunération s’exprime en brut annuel. « Des candidats aux postes les moins qualifiés s’expriment souvent en salaire net, vérifiez donc que vous parlez de la même chose », ajoute-t-elle.

Noter les prétentions salariales sans les commenter

Vous devez savoir à l’issue du premier entretien où le candidat se situe dans votre fourchette, quitte à revenir sur les détails de sa rémunération actuelle à l’entretien suivant, s’il a lieu. Notez les chiffres sans commentaire particulier.
« À ce stade, il ne faut ni trop ouvrir ni trop fermer la porte car si vous décidez d’aller plus loin, il ne faut pas que le candidat pense que c’est gagné pour autant », préconise Laurence Feray Marbach.

Pas de proposition et de négociation à chaud

Le candidat vous convient en termes de compétences, de motivation, de personnalité, etc. ? Faites-lui une proposition orale après la rencontre, dans un laps de temps qui varie selon le contexte, par téléphone. « Demander au candidat au premier entretien s’il a d’autres pistes est un moyen de savoir de quel temps vous disposez », poursuit-elle. Proposition que vous aurez rédigée au préalable, en détaillant le fixe, le variable et ce sur quoi il repose, sur combien de mois se décompose le salaire, les bonus, l’épargne salariale le cas échéant, etc., ce qui permet de vérifier sa cohérence et sa clarté, puis que vous enverrez. La négociation commence quand le candidat l’a reçue, sachant que trois cas de figure sont possibles :

  • le candidat est satisfait,
  • il est déçu et essaie d’obtenir plus, avec des arguments qu’il a préparés,
  • il refuse nettement. « C’est rare et la rémunération n’est alors pas le motif véritable du refus, il faut plutôt y voir un manque d’intérêt pour le poste », commente Laurence Feray Marbach.

Prendre des avis en interne

Avant de prendre une décision, il est conseillé d’échanger avec d’autres personnes de l’entreprise, notamment celles qui ont rencontré le candidat. « On ne peut pas tout voir tout seul, de plus, cela vous donne des arguments pour négocier », souligne-t-elle.

Le secret de la négociation est de ne pas s’emballer pendant l’entretien, même si l’on fait savoir au postulant qu’on est intéressé par sa candidature, et de ne pas précipiter sa décision, même si l’on est dans l’urgence.

Sophie Girardeau – Monster – Septembre 2017

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