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CFE-CGC : nouveau baromètre stress

Les résultats du dernier Baromètre Stress réalisé par OpinionWay pour la CFE-CGC auprès d’un échantillon représentatif de 998 cadres montrent une progression du stress chez les cadres français : la note moyenne de stress progresse de 6,1 / 10 en mars dernier à 6,3 / 10 en septembre.Cette progression survient dans un contexte où les cadres ont le sentiment que le stress est toujours aussi peu pris en compte par leur entreprise (seuls 13%, – 1 point, sont de cet avis). CFE-CGC Baromètre Stress Vague 3 / Septembre 2004

Principaux enseignements

1- Le rapport entre la charge de travail et le temps pour l’exécuter apparaît comme le principal facteur de cette progression du stress : plus que la durée du travail, c’est bien en effet l’accélération des rythmes de travail qui semble être à l’origine de cette poussée de stress chez les cadres français.

De moins en moins de cadres jugent réalistes les objectifs que leur fixe leur direction : 53% seulement sont dans ce cas, soit à peine plus d’un sur deux, – 6 points par rapport à mars dernier et surtout ­ 10 points en un an.

Chez les femmes, les cadres de plus de 50 ans et ceux du secteur public, moins d’un sur deux juge réalistes ses objectifs. La charge de travail reste toujours perçue comme plus lourde qu’il y a quelques années par 8 cadres sur dix.

Seule une minorité d’entre eux considère comme suffisant le temps dont ils disposent pour accomplir leur travail (39%, – 12 points par rapport au semestre précédent).

Mais surtout ils ont massivement et de plus en plus le sentiment qu’ils doivent travailler plus vite qu’il y a quelques années (84%, 5 points par rapport au semestre précédent).

Tout se passe comme si les 35 heures avaient contribué à accélérer les rythmes de travail des cadres et à générer ainsi un surcroît de stress pour eux.

2- Cette accélération des rythmes n’a été compensée ni par une reconnaissance ni par une rétribution des efforts fournis par les cadres : C’est là l’un des soucis majeurs des cadres aujourd’hui : soumis à des rythmes de travail accélérés, conscients des efforts importants qu’ils ont dû fournir pur y faire face, ils ne pensent pas que ces efforts aient été reconnus à leur juste valeur (pour la moitié d’entre eux).

Ils sont encore moins nombreux à considérer que ces efforts aient été récompensés à leur juste valeur (moins d’un quart d’entre eux sont de cet avis, – 15 points depuis un an). Cette absence ou cette insuffisance de rétribution au présent s’accompagne d’un pessimisme dominant sur l’avenir professionnel, surtout bien sûr chez les cadres les plus âgés : moins d’un cadre sur deux (44%, – 3 points en un an) juge bonnes ses perspectives de carrière et d’avancement.

Cet effet de ciseaux (efforts plus importants d’un côté / absence ou insuffisance de rétribution symbolique ou financière de l’autre) apparaît clairement comme un facteur aggravant de stress chez les cadres.

3- Des symptômes et des facteurs de stress qui progressent : La progression du stress chez les cadres français se manifeste par des symptômes eux-mêmes en progression. C’est le cas par exemple du sentiment de crispation (69%, 2 points par rapport à mars dernier), des maux de tête / migraines (41%, 7 points par rapport à septembre 2003), des palpitations (34%, 14 points depuis un an) ou encore du sentiment de découragement (56%, 9 points depuis mars dernier). Certains éprouvent même l’envie de quitter leur travail à cause du stress (37%, 7 points par rapport à mars) ou envisagent un départ à la retraite anticipée (38%, 10 points en un an, 66% chez les plus de 50 ans).

Ces symptômes sont plus largement ressentis par les femmes, soumises à des contraintes extra-professionnelles souvent plus fortes, et par les cadres de plus de 50 ans, ayant fourni des efforts depuis plus longtemps et bénéficiant de perspectives de carrière moins encourageantes.

De même, certains facteurs de stress se manifestent plus souvent, comme le fait d’être fréquemment interrompu (76%, 5 points par rapport à mars), la situation de concurrence avec des collègues (44%, 4 points en un an), les actions ne correspondant pas à son éthique (32%, 3 points depuis mars) ou les problèmes de discrimination (21%, 7 points, essentiellement chez les femmes). 4- Une majorité absolue de cadres se déclare favorable au maintien des 35 heures : Dans ce contexte de stress croissant, il est logique que les cadres interrogés expriment des attentes fortes sur leur durée du travail : 52% d’entre eux préfèreraient laisser la loi sur les 35 heures en l’état, plutôt que de l’assouplir encore (14%) ou la réformer en profondeur (15%).

Seuls 7% envisageraient de la supprimer, les plus nombreux dans ce cas étant les cadres… de direction générale !

En réalité, les cadres perçoivent nettement les bénéfices d’une remise en cause de la loi Aubry pour les actionnaires (75%) et pour les entreprises (72%) et sont plus partagés sur les bénéfices pour la France (46% seulement). En revanche, une majorité d’entre eux jugent négativement les effets d’une telle remise en cause pour eux-mêmes (70%) et pour les cadres en général (67%).

Cet attachement des cadres aux 35 heures se manifeste également chez ceux qui n’en bénéficient pas: la moitié de ces derniers souhaiteraient la signature d’un tel accord dans leur entreprise.

Dans l’hypothèse où l’accord 35 heures serait remis en cause dans leur entreprise, les cadres concernés privilégient massivement une compensation sous forme d’augmentation de salaire, plutôt qu’une durée journalière moins importante ou des formations supplémentaires. Ce choix clair en faveur de la rémunération atteste la force des attentes des cadres dans ce domaine.

Publié le 10 novembre 2004 sur Temps partagé et transition

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