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Les entreprises embauchent plus qu’on ne le croit !

Une entreprise française de 100 salariés embauche en moyenne 40 personnes par an. Pour l’ensemble de l’économie française, ce chiffre correspond à 6,4 millions d’embauches
annuelles, soit, en d’autres termes, à 30 000 embauches par jour ouvrable. L’économie française embauche donc massivement !Une entreprise française de 100 salariés embauche en moyenne 40 personnes par an. Pour l’ensemble de l’économie française, ce chiffre correspond à 6,4 millions d’embauches
annuelles, soit, en d’autres termes, à 30 000 embauches par jour ouvrable. L’économie française embauche donc massivement !

En contrepartie, de nombreuses personnes quittent leur emploi, souvent dans des conditions pénibles.

En suivant 1669 entreprises françaises entre 1987 et 1990 John Abowd, Patrick Corbel et Francis Kramarz ont montré que la gestion de la main d’oeuvre est marquée par un nombre considérable d’embauches et de départs simultanés.

En moyenne, une entreprise qui crée un emploi au cours d’une année embauche cinq personnes et se sépare de quatre autres durant la même année.

Plus surprenant, les entreprises qui détruisent des emplois continuent d’embaucher. En moyenne, la perte d’un poste de travail se traduit par trois embauches et quatre départs. Encore plus surprenant peut-être ; les entreprises
dont l’emploi reste stable embauchent et débauchent à un rythme à peine moins soutenu que les autres.

Ce qui revient à dire que chaque embauche réussie est le fruit d’un processus d’essais et d’erreurs, car chaque emploi a sa spécificité, qui dépend non seulement des tâches demandées, mais aussi du réseau de relations personnelles, de la culture de l’entreprise, de sa localisation et d’une multitude d’éléments qui peuvent convenir à certaines personnes et déplaire à d’autres.

Tous ces éléments ne se découvrent pas en quelques instants. C’est en grande partie pour cette raison
que les périodes d’essai et les embauches sous contrat à durée déterminée sont abondamment utilisées : aujourd’hui, près de 73% des embauches se font sous cette forme (Dares, 2004).

Parmi tous ces contrats à durée déterminée, entre un tiers et une moitié d’entre eux sont transformées en emploi stable, en CDI.

Les départs sont pour 54% d’entre eux des fins de CDD. En outre, environ 20% correspondent à des démissions. Finalement le reste se répartit entre transferts entre établissements, retraites et pré-retraites, licenciements. Ces derniers ne constituent d’ailleurs qu’environ 7% des départs en 2002.

Ainsi, les fins de CDD constituent la cause de très loin la plus importante des départs d’entreprises et les licenciements une relative minorité.

A ce titre, la France est dans une situation particulière avec le taux de contrats précaires le plus fort en Europe, exception faite de l’Espagne.

En outre, il apparaît que ce sont essentiellement les jeunes qui sont touchés par cette forme de précarité de l’emploi.

Pour un jeune, avoir un emploi, c’est donc le plus souvent avoir un CDD, un emploi en intérim ou un contrat saisonnier.

Alors que 90% du stock total d’emploi est constitué de CDI,
il faut attendre environ l’âge de 33 ans pour que le taux par âge soit égal à cette statistique moyenne. En outre, puisque 70% des embauches se font en CDD, et que le taux de
transformation de CDD en CDI est inférieur à un demi, on comprend que les jeunes enchaînent les CDD.

DARES, Juillet 2004 et Rapport Cahuc / Kramarz

Publié le 8 mai 2006 sur Temps partagé et transition

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