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Les Jeudis Matins – Le temps partagé en PME – 9 mai 2011

Compte rendu de la table ronde LESJEUDISMATINS.COM organisée le 19 mai 2011 à Paris.

Experts :

  • Paul TREMSAL : Président fondateur du Groupe KS Services
  • Thierry JONQUOIS : Président d’Opened Mind
  • Hugues VILLEY : Associé du cabinet Toison Villey Broud, avocat d’affaires

VERBATIM DES INTERVENANTS ET ECHANGES AVEC LA SALLE

Il faut être à 100% de ses moyens dans chacune des missions, pouvoir passer rapidement d’un sujet à l’autre…

Les clients apprécient ces dispositifs à temps partagé. Quand ils y ont gouté ils ne peuvent plus s’en passer, il se crée une complicité entre les deux parties, c’est addictif !

Les missions peuvent durer deux mois comme 5 ans, mais dans tous les cas nous savons partir si besoin.

Si changement de direction ou d’orientation chez le client, la relation se poursuit avec le prestataire avec la possibilité de substituer un autre intervenant si plus adapté au nouveau contexte.

D’un point de vue juridique le temps partagé présente pour l’intervenant les caractéristiques d’une relation salariale complète là où le portage salarial est centré sur le traitement administratif mais n’est pas concerné par la dimension commerciale ni par l’aspect métier et le pilotage de la mission.

Sur un plan économique le portage salarial favorise un lien direct entre le coût salarial de l’intervenant et le prix de la prestation (comme pour l’interim) alors que la facturation du temps partagé est liée à l’utilité pour le client.

J’ai essayé de travailler en direct avec des seniors, en régime indépendant ou via le portage salarial qui dans un premier temps m’avait paru pertinent notamment sur un plan juridico-financier mais je me suis rendu compte que l’inconvénient était que je m’appropriais sans le vouloir la relation avec l’intervenant sur un mode direct, tout à fait comme pour une embauche classique.

Ce que j’apprécie dans le fait de travailler avec une société de travail à temps partagé c’est que j’ai en face de moi une société de service qui s’engage sur une prestation et vis-à-vis de laquelle j’ai un recours si besoin, de même que l’intervenant peut solliciter un appui de sa société de travail à temps partagé. Je pense qu’il faut insister sur la valeur ajoutée de la société qui preste, en tant qu’organisation qui manage et donc tire vers le haut ses intervenants.

Je veille au contraire à ne pas avoir d’autorité sur la personne qui intervient dans nos murs, je reste strictement dans le cadre d’un contrat de prestation de service.

L’intérêt de la formule du temps partagé est de dissocier la gestion et le management de l’expert (assurée par la société de travail à temps partagé) de l’utilisation des compétences par le client.

Donc une solution pour faire venir un haut potentiel dans une PME c’est de n’en prendre qu’un morceau !

Si je recours à un intervenant extérieur en temps partagé ce n’est pas pour m’exonérer d’obligations sociales à son égard mais résolument pour l’enrichissement qu’apportent des compétences nouvelles, d’autant plus que par construction l’intervenant à temps partagé travailler dans plusieurs entreprises.

Je ne me reconnais pas le droit de dire que l’intervenant proposé par la société de travail à temps partagé ne me revient pas c’est la responsabilité de la société de travail à temps partagé de mettre à notre disposition la compétence la plus adaptée. Cela ne veut pas dire qu’il est impossible qu’un intervenant ait du mal à faire son « trou » dans une entreprise où il intervient, ce qu’il faut signaler à la société de travail à temps partagé pour qu’elle apporte la solution soit par l’accompagnement apporté à l’intervenant soit en dernier recours par la substitution d’un autre intervenant.

Ma philosophie générale en la matière est que quand on ouvre « les portes et fenêtres » d’une entreprise elle s’en porte mieux. C’est le cas métaphoriquement quand on fait intervenir un expert à temps partagé. Les salariés en place dans l’entreprise doivent voir cela comme un enrichissement. La solution vient souvent de l’extérieur.

La première raison de recours au temps partagé est économique : nos PME n’ont pas toujours le moyen de se payer un expert de haut niveau.

Je me refuse à partir en conquête commerciale pour mes clients sans avoir réalisé d’analyse préalable du marché correspondant. Les missions sont donc constituées de deux parties :

  • étape prévisionnelle sur la stratégie commerciale,
  • deuxième partie opérationnelle (direction commerciale à temps partagé) pouvant être rémunérée avec un success fee par le statut d’agent commercial.

Ce que j’attends d’un intervenant à temps partagé c’est d’être plus dans le « faire » que dans le « dire ». Mon DRH à temps partagé est un vrai DRH opérationnel pas un consultant. Ce n’est pas quelqu’un qui remet un rapport et dit « vous me devez tant… » mais quelqu’un qui prend à bras le corps les problèmes.

C’est une nouvelle réponse aux attentes des experts seniors souhaitant fonctionner en autonomie.

La première réaction que je constate est souvent la crainte ; c’est-à-dire une incertitude sur la façon dont nous allons nous y prendre. A nous de transformer cette crainte en confiance en expliquant d’abord comment nous allons travailler mais surtout en se fixant une obligation de résultat rapide. La première phase de réflexion et d’état des lieux pour savoir où nous mettons les pieds doit être rapide. Tout cela conduit bien sûr à la nécessité d’avoir des intervenants très seniors. L’intervenant à temps partagé doit rapidement montrer ce dont il est capable.

J’interviens comme un chef d’orchestre. Je réalise en premier lieu une étude « flash » et dans ce mot on comprend bien qu’il s’agit de quelque chose de rapide et pas onéreux. Il faut aller vite à la définition d’une stratégie.

Je constate que c’est surtout les PME qui avancent ou sont en phase de repostitionnement ou de revente qui font appel à nos services. Elles savent que si elles veulent avancer encore plus vite il leur faut des ressources extérieures.

On ne peut pas dire que l’avocat est un intervenant à temps partagé car il n’est pas dans son rôle de faire à la place de son client il reste dans une position de conseil.

Le temps partagé est un rapport triangulaire (société de travail à temps partagé, client, intervenant) avec deux contrats, l’un de prestation de service entre le client et la société de travail à temps partagé, l’autre de travail entre l’intervenant et la société de travail à temps partagé. C’est une relation placée dans une durée déterminée, là où le management de transition est plutôt dans une durée déterminée. Cela étant ce n’est pas le format juridique qui importe en premier analyse mais le type de mission attendu par le client.

Le temps partagé c’est une « boite à outils » géniale…

Les grandes entreprises vont venir au temps partagé, c’est une réponse nouvelle… Dans certains cas elles vont reprendre à temps partagé les experts seniors qu’elles n’arrivaient plus à employer à temps plein !

La conduite du changement va bien avec le temps partagé.

L’important c’est le professionnalisme du prestataire à temps partagé. A partir du cahier des charges établi par le client c’est la responsabilité du prestataire de choisir et proposer l’intervenant le plus adapté.

On pourrait dire que le temps partagé fait entrer le conseil (opérationnel) dans la PME, voire réconcilie la PME avec le conseil. C’est un nouveau métier.

Il s’agit plus d’une compétence en action qu’une compétence de conseil.
En tant qu’utilisateur je vois une grosse différence entre les intervenants qui se lancent seuls et ceux qui s’appuient sur une organisation qui les fédère et est créatrice de valeur, de support, ce qui est très appréciable pour nous.

Notre devise : pas de bla bla, des résultats…, droit au but…

Le temps partagé donne de la fraîcheur à l’entreprise utilisatrice.

L’argumentation de la société à temps partagé ne doit pas trop être personnalisé par rapport au parcours de l’intervenant pressenti même s’il a de l’importance, en tant que client nous ne gérons pas en direct un collaborateur, c’est différent du portage où la relation est très personnalisée. Dans le temps partagé, c’est une entreprise qui preste.

Dans le portage salarial : interdiction pour la société de portage de vendre, c’est l’affaire du porté ; en revanche dans le temps partagé la clientèle appartient à la société de travail à temps partagé.

De même c’est différent de l’interim où dés que la période d’essai est terminée il n’est plus de rupture possible on se retrouve dans une gestion directe du collaborateur.

La responsabilité et le contrat d’assurance sont celles du prestataire.

Normalement l’intervenant à temps partagé ne signe pas de contrat au nom de l’entreprise cliente, il retient son stylo, mais il faut être attentif que pour les tiers il pourra être considéré qu’il existe un mandat apparent quand l’expert semblait traiter au nom de l’entreprise cliente. Il faut séparer entre les actes basiques et les actes complexes.

La mesure de la performance de la mission est globale. Des rendez-vous réguliers entre la direction du prestataire et le client doivent être organisés. Il peut y être décidé par exemple de renforcer les compétences de l’intervenant en place par d’autres compétences, il peut être nécessaire de faire face aux cas de maladie ou d’indisponibilité diverses, c’est au prestataire de proposer des solutions.

Pour ce qui est des prises de décisions lourdes c’est toujours un processus collectif ou l’expert à temps partagé a présenté l’avancement de son dossier par étapes pour y associer les instances de direction de l’entreprise de telle manière qu’au final ce soit sans ambiguïté la décision de l’entreprise et non d’une seule personne.

Un intervenant à temps partagé fait gagner du temps aux entreprises clientes grâce à son expérience.
Il faut partir du principe qu’il y a pratiquement pas de mauvais collaborateurs mais surtout des collaborateurs mal managés ou à la mauvaise place, de telle manière que le plus important est plus la qualité du management pratiqué par la société de travail à temps partagé plus que le profil de l’intervenant. Cela n’exclut pas une phase d’apprentissage mutuel entre l’entreprise et l’intervenant.

Publié le 31 mai 2011 sur Les Jeudis Matins - Temps partagé et transition

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